Difficile de faire un bilan de cette 21è édition du festival de théâtre de rue d'Aurillac dans le Cantal... Comme chaque année, en tant que compagnie de passage, on s'y presse, on investit un paquet d'argent entre l'hébergement, la communication, l'essence, les péages, les achats divers (photocopies, pharmacie, quincaillerie, boissons, repas etc...) qui viennent gonfler les tiroirs caisses des marchands du Temple de la Rue.
Pourtant, quelques indices me laissent songeur :


La présence des professionnels en nombre est réelle mais je crois percevoir, malgré ma toute petite expérience, une lassitude et pour tout dire une désertion de certains pros étrangers auparavant assidus. Les raisons à cela ? la bouderie du plus gros et du plus indiscipliné des festivals de rue serait due à la difficulté liée au nombre de spectacles visibles dans de bonnes conditions. Perdu dans la masse d'infos, les programmes en français (à part le catalogue, loin d'être exhaustif), assorti du manque de moyens mis à leur disposition (vélo à louer, documents bilingues, manque de lisibilité des spectacles accessibles à un public international...) n'en font plus un lieu de marché international incontournable semble t-il. Ajoutons à cela qu'il y pleut chaque année et qu'il y fait régulièrement froid, cela suffit à décourager les plus téméraires des programmateurs étrangers.


Les chiffres sont éloquents : avec une 40aine de pros étrangers en début de festival et 80 annoncés en fin, on est en droit de se demander pourquoi aussi peu d'étrangers font le voyage à Aurillac, 1er festival international de rue pour le nombre de compagnies présentées (environ 600) et en nombre de professionnels présents (environ 300).
Selon la liste remis à la profession, les pays représentés cette année étaient : Allemagne, Angleterre, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Danemark, Espagne, Italie, Japon, Jordanie, Korée du Sud, Maroc, Mexique, Niger, Norvège, Pays Bas, Singapour, Suisse soient 19 pays pour certains représentés uniquement par les responsables de CCF (Centre Culturel Français) de passage en France pour voir la famille...

Nous aimons ce festival pourtant car il fait partie de nos tournées et de l'histoire des compagnies qui y ont quasi toutes présenté leur dernière création à la profession. On s'y retrouve entre petites bandes, on y a nos habitudes, c'est comme un rituel : même ceux qui n'ont rien à présenter y viennent faire un tour, histoire de prendre la température en allant voir les "derniers nés" des copains.

C'est une vaste loterie où ceux qui ont pignon sur rue y retrouvent sans doute leurs petits. Aurillac sert à valider un succès qui s'est propagé par le bouche-à-oreille. Les autres testent leurs créations in situ dans des conditions parfois absurdes même si on peut encore jouer dans la rue à Aurillac malgré les rumeurs contraires : il faut être vigilant et bien préparer sa venue en amont. La réussite des cours d'école n'en fait pas un passage obligé, c'est ce que nous avons appris cette année.



Photos des spectacles de Carnage Productions présentés à Aurillac en 2006. De haut en bas : le GIGN en début de rappel de l'hôtel de ville, Dérapage au 1er étage d'un immeuble place des Docks, Domi and Claude, place des Docks vue de la fenêtre de Dérapage.