Isao Takahata. L'ami et associé de Hiyao Miyazaki est le réalisateur d'un film d'animation sorti il y a 19 ans, le Tombeau des Lucioles. Takahata reprend le roman en partie autobiographique de Akiyuki NOSAKA paru en 1967. Il y raconte la souffrance, la fuite, les moments éphémères d'insouciance et la mort, enfin, de 2 enfants pendant la seconde guerre mondiale.


L'ennemi est invisible, seulement figuré par des bombardiers étoilés, anges pâles et menaçants semant la mort, la désolation, la panique et la destruction derrière eux.
Le point de vue de l'enfant, la pudeur des sentiments, l'horreur à laquelle ils sont confrontés... On croit avoir tout vu de ces années merdiques de violence imbécile qui résonnent aujourd'hui ailleurs sur le globe, en Palestine-Israel, au Biafra, au Tibet, encore et toujours...
Setsuko subit ces horreurs avec son coeur de petite fille : la perte de sa maison, la mort de sa mère, la méchanceté de sa tante, l'indifférence des adultes à leur détresse, la peur des bombes incendiaires, l'obscurité des abris anti aérien, la faim, la crasse, la vermine, la maladie qui la ronge et qui l'emportera finalement. La mort de Setsuko est une scène d'une lenteur et d'une émotion qui m'ont arraché des larmes, des larmes comme les siennes, comme celles qui roulent sur les joues des petits enfants quand ils pleurent...
Trop d'émotions, trop d'injustice, trop de souffrances pour des enfants si petits, c'est insoutenable et ça me tire les larmes à chaque fois.
La guerre est une saloperie qui engendre d'autres saloperies comme la mort d'un enfant.
Soyons heureux de vivre en paix là où nous sommes et dénonçons sans répit les guerres du globe qui font subir à des enfants des atrocités qui ne sont pas de leur âge. L'âge de l'innocence et de la joie.