Blog de Paco Bialek

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jeudi 10 mai 2007

Le Bruit médiatique

Chacun y va de son analyse, tempérée ou extrémiste, je lis tous les jours des 10zaines de messages sur les forums, les commentaires de vidéo en ligne etc... et je me dis que c'est bien, que tout ça fait du bien au dialogue politique jusqu'ici accaparé par une minorité dirigeante de l'oligarchie française.

Notre nouveau président a su rassembler au delà de son camp, en faisant oublier aux fervents comme aux sceptiques, que notre pays ne va pas forcément mieux depuis que son parti politique est au pouvoir. Au passage, loin de moi, le catastrophisme ambiant qui nous prédit la révolution dans quelques mois.
Le débat politique, on l'a vu, a été dirigé par l'UMP - normal ils avaient la majorité absolue à l'assemblée nationale - et le challenger issu de l'immigration a su profité de la vague malgré quelques handicaps : l'atypique de service dans le paysage politique n'a pas suivi le même parcours que les énarques et autres aristocrates politiques en place depuis des lustres, son discours tranche comme un déni de la langue de bois tellement intégrée au discours du potentat politique qu'elle n'est même plus relevée par la plupart des journalistes, son charisme et son charme ont séduit tous ceux qui l'ont approché, mais surtout, c'est sa capacité à faire du Bruit médiatique qui l'a amené là où il se trouve aujourd'hui.

C'est d'ailleurs très logique quand on connaît l'appétit qu'ont les français de toutes classes sociales pour la télévision et sa débauche de moyens mis au service du plus futile.

Bourdieu l'avait dénoncé en son temps suivi par d'autres, tellement peu médiatiques. Dommage pour le message d'alerte, il est brouillé par le Bruit que fait (toujours et encore maintenant) notre omni-président.

Derniers remparts à ce vacarme totalitaire qui couvre l'information et l'analyse des faits et gestes de nos contemporains : quelques journaux indépendants (je m'abonne de ce pas au Canard enchaîné), quelques reliquats de journalistes intègres qui comptent leurs jours; noyés dans la masse, ils ne sont pas dangereux et suffisent à conforter l'idée d'indépendance médiatique que nous assènent les chantres du muselage d'opinion.
Et internet qui saura servir d'exutoire à l'autre moitié de la France et qui, comme pour la constitution européenne, proposera un vrai contre-pouvoir médiatique, honnête et crédible.
La bataille est médiatique avant tout. C'est devant nous.

mardi 8 mai 2007

Manif de droite

C'est un must à ne pas rater : la manif de droite, contre manif organisée par les intermittents du spectacle à l'été 2003. L'idée a été reprise dans plusieurs grandes villes de France et bien sûr en Avignon pendant le festival.

http://www.dailymotion.com/video/x1tl2l_manif-de-droite
A Toulouse, la manif de droite a remporter un beau succès, les passants ont proprement halluciné au passage du cortège; certains nous ont même agressé verbalement pour tenir des propos pareils... Quelqu'un nous a balancé de la flotte de son balcon; ce à quoi nous avons répondu : "de l'eau oui ! mais de la Vichy !" Un grand moment ! J'en ris encore. Vivons heureux en attendant la mort, comme disait feu Pierre Desproges. Qui n'était ni de droite, ni de gauche.

samedi 4 novembre 2006

Intermittence, pente vertueuse et grand écart

Partenaires sociaux et gouvernants nous enjoignent à rentrer dans les clous. Seulement, l'économie du spectacle vivant est indissociable du régime d'assurance chômage. Bienvenue dans l'ère de la rentabilité artistique...

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jeudi 16 février 2006

Intermittence mon amour...

Billet posté le 15 février 2006 sur la liste de discussions Rue et la liste Fédération des arts de la rue

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dimanche 29 janvier 2006

VIVA ZAPATERO !



VIVA ZAPATERO !


Le titre crée une confusion mais on comprend très vite que c'est Berlusconi qui est dans le colimateur de la "Bouffonne" déterminée, auteure d'une émission satirique - "RAIot" - qui fut proprement censurée par le gouvernement du Cavaliere à sa première émission alors qu'elle atteignait déjà 26% à l'audimat.

On assiste éberlué à la quête de Sabina Guzzanti en mal d'explications face à un appareil d'Etat très organisé. Tous les niveaux de décision sont contrôlés par des proches de Berlusconi. Tous sauf un : Le tribunal qui a rejetté la décision de la Rai d'arrêter l'émission. Le motif est infondé déclare t-il. L'émission est pourtant censurée et la chaîne publique ne la reprogrammera pas. La justice est bafouée, la magouille politique a toutes les cartes en main : commission de surveillance, presse de droite comme de gauche, ministère, etc... tous sont d'accord :

Les comédiens doivent faire de la comédie, pas de la politique. La satire n'est pas la bienvenue sur la Raï.
Tout cela au mépris de la Constitution Italienne.

Sabina Guzzanti est forte de quelques soutiens : des comédiens, des musiciens, des producteurs, Dario Fo même... et surtout le public bafoué de son droit à entendre une parole dissidente. Elle monte l'émission au théâtre et laisse les télés indépendantes la retransmettre par satellite et par internet. 15 000 personnes se massent devant l'écran géant installé devant le théâtre archi complet. La pièce est pamphlétaire et ça saigne. L'italie est sous la botte d'un fascisme avéré, son premier ministre se remplit les poches, la liberté d'expression est bafouée, les journalistes aux ordres ou virés. L'opposition est sans voix. C'est la bouffonne qui fait de la politique, c'est elle l'opposition, les italiens ne s'y trompent pas.
Les artistes sont les porte-paroles du monde opprimé...

Les italiens qui soutiennent cette femme sont en mal de liberté. Ils m'ont profondément touché en venant si nombreux voir cette pièce. Ils cherchent une issue alors qu'il n'y a aucune solution politique.

Ce constat, j'espère ne pas avoir à le faire en 2007. Berlusconi a été réélu en 2001 contre toute attente. parce qu'il n'y avait personne en face pour faire le poids en proposant un programme politique qui ne soit pas populiste et réactionnaire.

En France, on a tremblé en 2002 au second tour.
On a de quoi s'inquiéter pour 2007 car il n'y a pas de politique alternative proposée à celle de l'UMP et de son président.

On est sur la même pente que le reste du monde politique : Chirac, Bush, Blair, Merkel, Berlusconi... la crise politique est mondiale car le mal est mondial. La roue libérale s'est emballée, le pouvoir est détenu par les multinationales qui contrôlent les politiques. L'un alimentant l'autre et vice versa. L'alternative est impossible dans l'état actuel des forces en présence. Les poches de résistance sont dérisoires mais elles ont le mérite d'exister.
Je m'accroche à ces utopies collectives parce qu'elles sont une alternative à la pensée unique.

jeudi 19 janvier 2006

Le Temps des Arts de la Rue : TAR

Comme quoi, il n'est jamais trop TAR pour bien faire

Voir par ici : Le TAR en Franche Comté

Dans le cadre des Livchineries, en voici une avec la Fred Tousch...

jeudi 12 janvier 2006

Intermittents en lutte, spectacle vivant asphyxié : allégorie du bassin de poissons rouges

J'ai l'image d'un bassin de poissons rouges...



Ils sont là, brillants, vifs, nombreux mais le bassin contient une eau claire en quantité suffisante. Tout le monde est content d'avoir ce bassin de poissons rouges. Les enfants des voisins y passent des heures à observer leurs ondulations gracieuses. Les gens s'y retrouvent au temps chaud. Le jardinier veille à nettoyer le bassin, à le décorer de petites maisons, de plantes aquatiques. Il rectifie régulièrement le niveau d'eau du bassin.

Jusqu'au jour où le jardinier s'absente pour une raison obscure. Rapidement, l'eau s'évapore et personne n'est là pour s'assurer du niveau vital. C'est la canicule. Le jardinier ne revient pas. L'eau baisse, ponctionnée par quelques voisins sans scrupules qui profitent de son absence pour se servir et arroser leur jardin potager. C'est la sécheresse, ça dure et l'eau baisse encore. Les poissons rouges sont de plus en plus à l'étroit dans le bassin. Lentement, ils s'asphyxient.



Les enfants constatent bientôt que de plus en plus de poissons flottent sur le dos. Ils réclament le jardinier. On leur dit qu'il est parti et qu'on doit laisser faire la nature, que c'est comme ça. "Les plus résistants survivront leur dit on, il en restera toujours assez."

Mais les poissons morts commencent à pourrir, l'eau se trouble et le peu de poissons survivants deviennent invisibles. Les gens délaissent les abords du bassin qui n'est plus entretenu. Les enfants se lassent de cette mare d'eau croupie et déserte. Ils lui préfèrent à présent le bocal aseptisé qu'on leur a offert avec un petit poisson fort joli mais si fragile.



Il meurt un jour de grande chaleur parce qu'on l'avait oublié sur le rebord de la fenêtre...